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Saint-Piat (28)

Tuilerie-briqueterie Lambert

Mots clés : brickostampaphile , briquèterie

mardi 13 juin 2023


Dernière briqueterie d’Eure-et-Loir à produire, elle a fonctionné jusqu’en 1997. Le bon état de conservation des bâtiments, le maintien sur place d’une notable partie du matériel d’exploitation, l’importance du four Hoffman et le remarquable moteur diesel monocylindre horizontal en font un ensemble essentiel de l’histoire industrielle de la commune et de la région.

Première notice

En 1859, un premier four à tuiles fut bâti à l’emplacement actuel (lieu-dit la Lumière) par Jean-Baptiste Lambert, qui possédait déjà un four dans sa ferme sise non loin (lieu-dit le Marais). Il implanta ce nouveau four à proximité de carrières d’argile (lieux-dits les Plantes, Froid Vent, la Rue Perrée) , de terre franche (loehm) , de sable (lieu-dit les Gaudières) et de la voie ferrée Chartres - Paris. Il en reste quelques vestiges dans la cave du bâtiment principal : four carré, cave voûtée et petites annexes. Un second four, détruit, est attesté dont il ne reste que la cheminée située à l’extrémité nord du four actuel, au centre du bâtiment principal. Le double four de type Hoffman, existant toujours, fut construit entre 1880 et 1910. La briqueterie fut continuellement exploitée par la même famille jusqu’à la cessation de son activité en 1997 à la mort du dernier tuilier, James Lambert. Elle produisait des tuiles plates de pays, mécaniques de type Gilardoni, des briques pleines flammées réfractaires qui faisaient sa réputation, des mulots et des paneresses. Le rayonnement, principalement local, touchait également les régions limitrophes

La machine à vapeur fut remplacée à la fin des années 1940 par un moteur diesel monocylindre horizontal de marque Ruston et Hornsby fabriqué à Lincoln (Grande-Bretagne) dans les années 1930. Le démarrage s’effectuait par air comprimé ; d’une puissance de l’ordre de 150 chevaux, il entraînait le tapis, l’élévateur et la malaxeuse. Toujours en place, il est dans un parfait état de marche

La briqueterie employait environ 22 personnes en 1937.

La briqueterie se compose d’un vaste atelier fonctionnel central surmonté de deux cheminées (la plus ancienne ne fut utilisée qu’occasionnellement) ; à l’origine en forme de croix, il contient le four, l’unité de fabrication et les halles de séchage, augmenté de petites annexes aménagées en local moteur, vestiaire des ouvriers et récupérateur de chaleur alimentant le séchoir tunnel. Le mur pignon nord est percé de larges fenêtres, ouvertes dans le premier quart du 20e siècle, pourvues de volets de bois à lames orientables que l’on ouvrait pour faciliter la ventilation et le séchage des briques crues. Mais l’essentiel de l’espace intérieur est occupé par les séchoirs : étagères fixes et clayettes en bois sur rails ; un monte-charge montait les briques crues pour séchage à l’étage qui correspond au niveau du dessus du four. Deux hangars métalliques furent adjoints par la suite sur la façade arrière : le premier recouvre partiellement la zone de fabrication des tuiles, les trémies et le tapis roulant, le second implanté perpendiculairement en avant du bâtiment abritait les matières premières. A gauche de l’entrée de l’établissement, un immeuble à deux niveaux servaient de logement aux ouvriers, vers 1900 une extension utilisée comme bureau lui fut adjointe. A droite de l’entrée, un ancien entrepôt d’outillage à double porte fut ensuite transformé en atelier. D’autres bâtiments annexes, transformés depuis, subsistent : un modeste édifice dit de "mise en poussière" qui renfermait un broyeur de briques pour la fabrication de la poudre à crépi et des lieux de stockage. Le double four entièrement en brique, de type Hoffman, long de 37 m. et large de 8, 50 m (dimensions extérieures) comporte deux galeries parallèles voûtées. Chacune d’elles mesure 32 m. de long et comporte 9 ouvertures permettant l’enfournement et le défournement des produits ; elles communiquent aux extrémités par deux gros boyaux coudés facilitant la circulation de la chaleur. 90 puits de chauffe ouverts dans la voûte du four et servis par des trémies permettaient d’y jeter du combustible en cours de cuisson. 5 tonnes de charbon étaient nécessaires pour faire monter la température (l’opération durait quinze jours) puis on faisait avancer le feu ; la cuisson d’un chargement total demandait environ deux semaines. Le four fonctionnait en continu de mars à octobre.

Source : base Mérimée Tuilerie-briqueterie Lambert

Deuxième notice

En 1859, le préfet d’Eure-et-Loir autorise Jean-Baptiste Lambert à construire un four à tuile sur des terres qu’il possède au lieu-dit la Lumière à Saint-Piat. Le premier four de plan carré a aujourd’hui pratiquement disparu ; seuls subsistent quelques vestiges de la chambre de chauffe et la cheminée incluse dans le bâtiment abritant le four actuel. Ce dernier, sans doute élevé entre 1880 et 1910, est un four à doubles galeries de type Hoffmann : la capacité de production est ainsi considérablement améliorée puisque le feu est continu ; en effet les opérations d’enfournement et de défournement se font en même temps, à des endroits opposés du four. Le four lui-même se compose de deux galeries longues de 32 mètres. ; chaque galerie est percée de neuf portes permettant l’enfournement et le défournement. L’allumage du feu s’effectuait à l’extrémité sud de la galerie est. La montée en température durait 15 jours ; 15 autres jours étaient nécessaires pour que le feu fasse le tour des galeries. L’alimentation du feu se faisait au moyen de charbon introduit grâce à des trous ménagés dans la voûte des galeries. L’approvisionnement en charbon était effectué au moyen de distributeurs à charbon composés d’appareils cylindriques rehaussés d’entonnoirs en céramique. Ces distributeurs étaient déplacés selon la progression du feu dans le four. Les briques disposées dans le four étaient posées de chant et superposées en quinconce pour permettre la circulation de la fumée lors de la combustion. Le défournement s’effectuait à l’opposé de la zone d’enfournement et de cuisson. L’air frais s’introduisant dans les galeries se réchauffait au contact des briques et les refroidissait progressivement. Huit jours étaient nécessaires au refroidissement d’une chambre. La cheminée située à l’Est était reliée au four par des galeries souterraines. Un système de registres métalliques permettait de réguler le tirage des fumées. Des séchoirs composés d’étagères en bois sont disposés tout autour du four ainsi qu’au niveau correspondant à la voûte du four. Un petit monte-charge et des rampes en bois calibrées pour le guidage des brouettes permettaient d’y acheminer les briques crues. La ventilation s’effectuait au moyen de volets de bois à lames orientables que l’on peut encore voir sur le mur pignon nord. Des chaudières maçonnées disposées dans les halles de séchages permettaient, le cas échéant, de réchauffer l’air. Sur le flanc est du four, un séchoir tunnel a été construit à une date indéterminée. Muni de rails, il permettait de faire circuler les cargaisons de briques sur des wagonnets. Les machines qui servaient au broyage, au calibrage ou au malaxage de la terre ont actuellement disparu ; les tapis roulant et les trémies donnent toutefois une bonne image de cette zone de fabrication. Ces machines étaient alimentées par un moteur diesel Ruston datant des environs de 1930. Il remplaçait une machine à vapeur et a fonctionné jusqu’en 1995, année de la dernière cuisson. La briqueterie est restée dans la famille Lambert depuis son origine. Elle fabriquait aussi des tuiles jusqu’en 1950 et a cessé d’estampiller ses briques quand sa production a été vendue à des négociants. Parmi ses clients on trouve notamment des entreprises de Normandie. Des briques auraient aussi servi pour la construction de l’hôpital Bichat à Paris. Ce type de four est peu représenté dans la région ; seuls les sites de Grossouvre et de La Guerche peuvent lui être comparés, mais il ne semble pas qu’ils aient conservés leur disposition et leur matériels d’origine. Ceci suffit à faire de la briqueterie Lambert un édifice incontournable pour la compréhension du développement de l’industrialisation au 19e siècle. Elle témoigne aussi clairement de l’histoire économique et industrielle de ce petit village de la vallée de l’Eure depuis le milieu du 19e siècle. Son bon état de conservation et surtout le maintient sur place de l’outillage en font un témoin précieux pour comprendre le mode de fabrication des briques, mais aussi le fonctionnement d’un four tout à la fois industriel et artisanal (presque tout était fait à la main).

Source : base Mérimée Briqueterie Lambert


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