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P : Patois / Paysan / Peugeot 102 / Pierres / "Po cau" ou Panaislundi 19 juin 2017
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Patois
Ce qu’on appelait le patois, c’est en fait l’occitan. Mais mes grand-parents comme mes parents avaient quasiment subi un lavage de cerveau pour tenter de faire oublier cette langue qui osait s’opposer au français hégémonique.
Ma mère se souvient du sabot autour du cou à l’école dont il fallait se débarrasser avant la fin de la classe, sous peine d’être puni, en le transmettant à un autre camarade qui avait eu l’outrecuidance d’utiliser un mot en patois.
Mon père se souvenait d’un camarade qui avait été "mis au piquet" à l’entrée de l’école (visible de tous donc) avec un bonnet d’âne sur la tête parce qu’il ne parvenait pas à s’exprimer en français en classe.Les temps ont bien changé mais l’occitan parlé, l’occitan courant a presque disparu en laissant la place à un occitan plus académique, plus codifié et plus facile ainsi à enseigner.
Paysan
En cherchant ses ancêtres chacun espère plus ou moins secrètement trouver une ascendance prestigieuse. J’ai complètement abandonné cette prétention parce que dans une très forte proportion, un métier est très présent chez mes ancêtres (mais aussi chez tous les ancêtres des MaLiBeLe MaLiBeLe La généalogie telle que je la vois à travers l’arbre généalogique de mes petits enfants. ) : paysan. Je suis descendant de paysans et ce ne sont pas les quelques rares métiers autres qui modifieront cet "héritage". Mon père était un paysan, mon frère l’est à sa place et mon neveu s’apprête à le devenir à son tour. Même si nous aspirions à une vie meilleure, au fond de nous, nous n’avions qu’un rêve : gérer notre propre ferme. Malheureusement le nombre d’élus dans cette profession a diminué de façon drastique.
Je suis donc devenu instituteur.
Peugeot 102
C’est une marque et, pour ceux qui ont connu, c’est un vélomoteur (nous disions alors une mobylette, autre marque). Équipé d’un moteur de quarante-neuf centimètres cubes, cet engin de couleur bleue m’a emmené à bien des endroits à partir de mes quatorze ans. Il est, pour moi, le symbole du passage de l’enfance vers le monde des adultes. Un peu tôt diront peut-être certains mais, c’est aussi l’année où j’ai commencé à travailler contre rémunération durant les vacances d’été (ramasseur de reine-claude dorée de Carennac, des prunes !). C’est aussi l’année suivante que je suis parti à quatre cents kilomètres de chez moi, que je franchissais le cercle de cinquante kilomètres autour de la ferme familiale, que je ne suis revenu à la maison que tous les trois mois (j’étais en pension à Blois et je n’avais pas les moyens de me payer plus d’un voyage en train par trimestre). C’est aussi la dernière année où j’ai réellement travaillé dans la ferme (plus tard, je n’étais pas là, tout simplement). C’est aussi cette année-là où, chez ma grand-mère, du côté de Rocamadour, on m’a donné une place sur la batteuse qui tournait dans les fermes de la commune.
C’est l’année où je suis devenu "grand"... et que mes rêves se sont envolés.
Pierres
Sur le causse, "les pierres poussent" comme les plantes ! C’était une expression pour illustrer le fait qu’il y avait toujours des pierres dans les champs labourés même si on les ramassait régulièrement : on en faisait alors des tas dans un coin du champ. En fait, les pierres semblent toujours remonter du sol mais c’est parce qu’on travaille ce sol, rendu meuble, le sol permet à l’eau de s’infiltrer plus facilement dans la couche superficielle en emmenant avec elle la terre. Les pierres se retrouvent alors à l’air. Mais les labours qui servaient à décompacter la terre rouge, épaisse et serrée ramènent eux aussi les pierres près de la surface. Ces cailloux sont alors lavés par la pluie et les pierres blanches apparaissent alors un peu partout.
Après les semailles, juste avant que les graines germent et que les jeunes poussent sortent de terre, il était donc habituel de voir les paysans (presque toujours aidés par leurs enfants) ramasser les pierres pour ne pas entraver la croissance des plantes. Mais c’était aussi pour protéger les machines avec leurs barres de coupe aux lames trempées et donc fragiles.
"Po cau" ou Panais
Vers douze ou treize ans, en vacances dans la ferme de ma grand-mère maternelle et de mon oncle, à Lafage près de Rocamadour, j’ai été condamné à ne rien faire. Non pas que je ne voulais pas mais je ne pouvais pas en raison d’une "éruption cutanée" (dixit le médecin) qui a doublé le volume de mes bras et de mes doigts m’en rendant l’utilisation très difficile. Je faisais une réaction allergique aux pollens d’une plante dont je ne suis toujours pas certain du nom en français. Cette plante, nous l’appelons le "po cau" (prononcer pô kaou). Je crois qu’il s’agit du panais jaune.
Pour me soigner, le médecin s’est contenté de badigeon d’éther afin que je ne me gratte pas trop ! Par la suite, j’ai découvert que mon père avait la même allergie et que sa peau avait fini par se "blinder" sur les bras en raison de l’allergie annuelle (toujours au moins d’août). Ce n’était donc pas que le soleil qui avait tanné sa peau de paysan dur à la tache.
Mots clés : challengeAZ , généalogiste , Lot (46) , challengeAZ-2017
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R Sbrique 82
dimanche 18 juin 2017
Mots clés : Brique , collectionneur
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Wikipedia : Brique (matériau)samedi 17 juin 2017
Voir en ligne : Wikipedia : Brique (matériau)
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Vierzon (18)
SOCIETE GENERALE / des TUILERIES MECANIQUES / A VIERZON FORGES cherbrique 81
samedi 17 juin 2017
Mots clés : Brique , collectionneur , Cher (18)
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O : Outils / Opération survie / Occitansamedi 17 juin 2017
Sommaire
Outils
J’aime les vieux outils. J’en possède quelques-uns que je garde précieusement pour certains parce que ce sont des êtres chers qui me les ont donnés : un "coudrier" (récipient en corne pour ranger la pierre à affuter), un petit tonneau en bois de chêne taillé dans la masse dans lequel on conservait la goutte (eau de vie de prune), une pendule reçue par ma grand-mère paternelle pour son mariage (et qu’elle m’a léguée), un joug en bois qui a servi à atteler les bœufs de mon père et pour lesquels je me souviens encore de la conduite, un fléau pour battre le grain avec lequel j’ai ouvré pour écosser rapidement les "haricots secs", un moule à beurre en bois (actuellement précieusement conservé par ma mère)... J’ai aussi trouvé quelques outils du travail de la terre (bêche, sarcleuse...) ou d’autres pour le travail du bois (rabots, herminette...). Ils constituent comme un début de collection mais il faudrait que je les étiquète, les répertorie, en écrive l’utilisation, les photographie ! Peut-être un jour...
Opération survie
Dans les années soixante, les igues de Magnagues, grottes situées à tout juste un kilomètre de la maison, ont abrité une opération survie. Cette dernière se voulait scientifique mais les participants ont quelque peu triché en contactant les fermes environnantes. Après leur départ, avec deux ou trois copains, nous sommes allés voir revoir les igues. Nous avons trouvé, tout près de là, à peine cachées sous des pierres, des boîtes de conserve vides, sans étiquette comme celles qui étaient utilisées (lors de la cuisine du cochon par exemple) par les cuisinières des fermes environnantes. Comme il est très difficile de trouver en ligne, des informations fiables sur cette soi-disant expérience, j’en déduis que les scientifiques ont abandonné toute étude sur ce séjour. Heureusement...
Occitan
"Quera ma lenga moirala . Sabi pas l’escriure ma lo bonhur de pratiqua pasa pas." [1]
Pour en savoir davantage : Espaci occitan carcinol (Saint-Céré - 46).
Pour mes liens avec cette langue, lire : L : Langue
Mots clés : challengeAZ , généalogiste , Lot (46) , challengeAZ-2017
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Tourtoirac (24)
Ste L’AUVEZERE / TOURTOIRAC Dordogne brique 80
vendredi 16 juin 2017
Mots clés : Brique , Dordogne (24) , collectionneur
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N : Noix / Nouveau francvendredi 16 juin 2017
Sommaire
Noix (ou noyers)
Lorsque nous sommes arrivés à la ferme après l’hiver 1956 (janvier 1956), la vie ne s’annonçait pas facile. Ce n’était pas tant parce que la maison était peu isolée, la ferme presque en état d’abandon, des bâtiments trop petits... mais parce qu’à l’hiver 1956, il a gelé très fort : tous les noyers des Terres Rouges, la vallée sèche à la sortie du causse dans laquelle est installée la ferme familiale) étaient gelés et devaient être abattus. Le bois s’avéra très souvent non commercialisable et, à ce jour, les plantations de noyers n’ont été que partiellement reconstituées...
La récolte des noix constituait l’une des ressources principales à cette époque. Pour mon père, ce ne fut jamais le cas.
A Bretenoux, à quelques kilomètres de la maison, il avait -28° durant suffisamment longtemps pour faire éclater les platanes. Nous n’avions pas de thermomètre alors mais, sans grand risque de me tromper au vu des températures très basses relevées depuis une vingtaine d’années, on peut affirmer qu’il a dû faire sans doute -40° ! Heureusement, nous sommes arrivés au printemps 1956, juste après ce froid violent et destructeur (voir l’article dans Wikipedia : Vague de froid de l’hiver 1956 en Europe et au Maghreb à compléter par cette vidéo : Le rude hiver 1956 ).
J’avais trois ans et mon frère seulement un ! Nous avons survécu...
Nouveau franc
Sans commentaire...
Mots clés : challengeAZ , généalogiste , Lot (46) , challengeAZ-2017
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Chéniers (23)
TRIGAUD-MONSIEUR / CHENIERS (CREUSE)brique 79
jeudi 15 juin 2017
Mots clés : Brique , collectionneur , Creuse (23)
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M : Marché / Marche / Moinejeudi 15 juin 2017
Marché
Ce que nous appelons "marché" était appelé "foire" lorsque j’étais enfant sur le causse du Haut-Quercy. On y trouvait les étals des commerçants mais aussi les stands plus petits de ceux que maintenant on appelle les "producteurs de pays". Et puis, il y avait les marchés aux bestiaux : les cochons d’un côté, les ovins ailleurs, les bovins par là et enfin la volaille.
Ma mère vendait quelquefois au stand des volailles, des animaux qu’elle avait soigneusement préparé. J’aimais assister aux échanges entre l’acheteur et la vendeuse. Il y avait beaucoup de non-dits que je ne saisissais pas et qui, en altérant ma compréhension des échanges, ajoutaient un parfum de mystère que j’aimais bien.
Mais le marché que je préférais était celui des moutons : on y trouvait des agneaux engraissés pour ravir les papilles des amateurs, des brebis en petits nombre pour compléter un troupeau, quelques béliers pour les échanges et éviter la consanguinité et des agnelles (très jeunes brebis) pour le renouvellement du troupeau de brebis. Les barrières de bois étaient en place très tôt le matin et il fallait venir avant l’ouverture officielle pour transférer les animaux des bétaillères vers les parcs. Venait ensuite l’attente et le passage des maquignons qui repéraient les animaux qui les intéressaient en attendant la cloche qu allait lancer les marchandages. Il y avait bien, déjà, quelques échanges et quelques réservations (on n’avait pas, ainsi, trop l’impression d’enfreindre la loi). Avec le tintement aigrelet, une vague semblait parcourir le foirail avec les acheteurs qui allaient rapidement vers les emplacements repérés. Ces premiers marchandages étaient rapides, précis et se concluaient très vite par la poignée de main qui valait tous les contrats. Je préférais les échanges suivants avec les atermoiements des uns et des autres : cela faisait partie de la négociation. Il y avait aussi ces petites compensations quasiment indétectables mais dont tout le monde connaissait l’existence : un prix annoncé à voix haute qui n’était pas le prix payé mais qui tentait de faire bouger le cours du marché, une promesse qui serait tenue bien sûr mais qui permettait à l’un ou à l’autre d’être un peu plus serein pour les jours ou les semaines à venir, de faux accrochages verbaux qui ne masquaient qu’un désaccord provisoire, souvent de quelques centimes.
Petip à petit les "biaudes" noires (espèce de tabliers) des professionnels disparaissaient et la place retrouvait peu à peu sa quiétude et sa tranquillité. Il restait quelquefois des invendus d’un propriétaire trop exigeant. Mais les camions en cours de chargement témoignaient que, comme d’habitude, la plus grande partie des animaux avaient été échangés. Beaucoup partaient pour l’abattoir. Les autres étaient chargés dans les bétaillères et changer ainsi de ferme.Le brouhaha s’apaisait et je rejoignais mon père pour rentrer dans notre ferme là-bas loin, sur le causse tout en souhaitant aller à la prochaine foire à Gramat (celle que je préférais), à Vayrac ou à Saint-Céré.
Marche
Conduire un troupeau de moutons m’a très tôt fait marcher, beaucoup mais je crois que c’est aussi le plaisir que je prenais à faire les deux kilomètres pentus qui me séparaient de l’école qui m’ont donné l’amour de la marche. J’aime marcher de quelques kilomètres a de longues distances à travers la campagne, dans les chemins plus ou moins larges vers de nouveaux horizons. Je marche plutôt vite, plutôt longtemps et surtout, plutôt silencieusement. Même si j’aime le silence, c’est surtout pour les découvertes que cela implique fréquemment : les activités des êtres humains (avec quelques situations cocasses et même quelquefois scabreuses), les comportements naturels des animaux qui ne subissent que les contraintes habituelles et normales, les bruits comme les cris ou les chants qui enrichissent ce silence.
J’aime marcher et je redoute toujours que mon ménisque fendu par trop d’activités sportives ne réveille la douleur du genou qui me contraint à rester immobile.
Moine
Voir Le moine
Le moine n’est pas du tout celui auquel tu penses, ami lecteur. C’était autrefois un ustensile bien utile dans nos maisons mal chauffées. Cette cage de bois dans laquelle on suspendait un récipient rempli de braises servait à réchauffer le lit glacé dans lequel nous allions nous coucher. J’aimais beaucoup le contraste de l’air froid de la chambre jamais chauffée dans laquelle je couchais et les rudes draps à la douce chaleur. Morphée me prenait rapidement et je ne saurais dire si c’était la fatigue de la journée ou ce confort tout relatif qui m’envoyait au pays des songes.
Le moine était donc comme une chaufferette spécialisée, une bouillote à braises et sans eau... Quelquefois, nous la remplacions par une brique sur laquelle nous appuyions nos pieds : elle avait été préalablement chauffée dans la cheminée et emmaillotée d’un vieux chiffon.
Mots clés : challengeAZ , généalogiste , Lot (46) , challengeAZ-2017
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TUILERIE DE SAULDRE / (LOIR - & - CHER)brique 78
mercredi 14 juin 2017
Mots clés : Brique , collectionneur , Loir-et-Cher (41)
lorand.org








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