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Accueil > Généalogie MaLiBeLe > Lettre à... Etienne Bouat

De ton futur à mon passé

Lettre à... Etienne Bouat

Mots clés : Ecriture, généalogie, #généalogie, #A1ancetre

samedi 22 octobre 2016, par Roland


Par cette longue missive (mais c’est la première fois que je t’écris), je viens d’abord t’informer qu’un de tes descendants, moi, est devenu généalogiste Peut-être ne sais-tu pas ce que c’est ! Un généalogiste recherche les ancêtres de sa famille en retrouvant les informations sur les parents de chaque personne qu’il parvient à identifier.

C’est donc ainsi que je t’ai trouvé. J’aimerais bien que tu me répondes... pour me confirmer ce que je sais sur toi mais aussi pour ne pas continuer à m’épuiser à rechercher des réponses peut-être inaccessibles. Et oui, je suis très curieux mais je dois bien tenir ça de mes ancêtres, non ?

Je dois commencer par une information qui t’intéressera peut-être : même si c’est par hasard, mon neveu, un autre de tes descendants donc, porte le même prénom que toi. J’espère que le facteur ne se trompera pas de destinataire.

Le village de Miers vu depuis Auru
Je sais donc que tu es né à Miers, une petite commune du Haut-Quercy, dans le Lot. je suis né dans un village voisin sur la commune de Carennac. Je connais donc bien ta région. En fait, ce sont les documents officiels qui disent cela mais je sais que tu es né dans un tout petit hameau, les Fieux, un hameau perdu sur le causse de Gramat aux confins des limites des communes de Miers, de Montvalent, de Floirac et de Carennac. Il n’y reste plus qu’une ferme inexploitée. Tu habites sans doute une maison peut-être aux murs en pierres sèches et au toit de tuiles plates. Peut-être est-elle recouverte de lauzes, ces lourdes pierres plates de calcaire. Pourrais-tu me le confirmer ?
Une "vieille" maison de Miers : la tienne y ressemble-t-elle ?

Le site des Barrières en 2015
Ta maison a sans doute bien changé ou a disparu. Dommage. Heureusement qu’aux Barrières, tout près de là, des passionnés de l’association Racine d’Alvignac, tentent de sauver le hameau complètement abandonné peu après ton époque. C’est plus facile pour imaginer tes conditions de vie mais ce doit être très dur. As-tu un "cantou", cette grande cheminée dans laquelle on peut entrer ? ? Y passes-tu beaucoup de temps ? Ta maison a-t-elle une "androllière", cet évier en pierre du causse pour évacuer les eux usées vers l’extérieur ?
Un cantou à l'entourage de bois (quelquefois en peirres)

Un atelier extérieur de l'archéosite
Sais-tu que tout près de chez toi, toujours aux Fieux, il y a un musée avec une grotte préhistorique, grotte découverte par M. Caminade, un autre habitant des Fieux. Et oui, ce lieu perdu, loin de tout, où l’eau est très rare (surtout en été) est habité depuis très longtemps. depuis au moins trois mille ans si j’en crois Lorblancher, un savant qui dirige les fouilles faites par d’autres passionnés. Ces archéologues grattent la terre tout doucement mais je pense que tu t’en moques et que tu ne sais même pas ce qu’est un archéologue (il tente de comprendre le passé à travers les traces laissées).
Les fouilles à Miers

Il y a longtemps maintenant que le couvent tout proche a fermé. Ses bâtiments sont en partie en ruines. Seuls ceux de la ferme attenante sont encore utilisés ainsi que la grande salle. Le propriétaire actuel les a restaurées. Tu peux en voir une photo dans le bandeau de mon compte "Facebook". Tu ne sais pas ce que c’est ! Laisse tomber, ce serait beaucoup trop long à t’expliquer.

Tu es né en 1812, un 16 avril. Ton père, Géraud Bouat était aussi né là, aux Fieux, mais ta mère, Rose Chabrié, vient de la plaine de l’autre côté de la Dordogne, au-delà de Floirac. Elle est née à Saint-Michel-de-Bannières pour être précis, dans les communs du château. Y es-tu allé voir ta famille maternelle ?

Ton père était un laboureur comme toi. En tout cas, c’est ce qui est écrit sur les registres de la mairie de Miers. De nos jours on dirait exploitant agricole pour faire sérieux, agriculteur-éleveur pour être réaliste ou paysan pour être un peu moqueur et péjoratif. Mon père aussi l’était comme mon frère aujourd’hui, comme mon neveu qui se prépare à prendre la suite. Je suppose que comme mon père, tu as appris à dresser les bœufs pour tirer la charrue et les charrettes. N’est-ce pas ? Enfants, j’ai souvent conduit la paire de bœufs de mon père. D’ailleurs, j’en ai gardé le joug parce que maintenant, on n’en a plus besoin puisqu’on se sert de tracteurs, de grosses machines bruyantes et puissantes.

Tu es allé chercher ta femme, Toinette Estay, à Candare, un hameau tout proche des Fieux mais sur la commune de Floirac. Pense à lui transmettre mes meilleurs souvenirs. C’est quand même la grand-mère paternelle de mon grand-père paternel. Je suis grand-père aussi : j’ai trois petits enfants que j’ai baptisés les MaLiBeLe. Tiens, je vais t’’apprendre un truc marrant. Toi, le grand-père de mon père, tu as choisi comme épouse la petite fille de Jean Estay. ce Jean qui est né dans la maison voisine de celle où est née ma mère ! Oui, oui, c’est bien au hameau des Campagnes sur la commune de Rocamadour. La vie a de drôles de télescopages parfois...

La maison de Mansergues : était-ce la tienne ?
Avec Toinette, vous êtes maintenant installés dans votre propre ferme, à Mansergues, tout près des Fieux mais vers Carennac. J’ai vécu toute mon enfance à Broche, un autre hameau tout proche à seulement un kilomètre de là. La vie est toujours dure, n’est-ce pas ? La terre ingrate, rouge de calcaire, collante quand elle est humide, lourde à labourer, dure quand elle est sèche ne doit pas simplifier le travail. As-tu une charrue à avant-train, toute en métal ou une araire au soc recouvert d’une épaisse lame de métal ? As-tu construit des murs en pierres sèches pour ; en même temps, enlever ces pierres des champs et réaliser des clôtures pour le troupeau de moutons ? Sache que je reconstruis en pierres sèches tous les murs qui entourent mon terrain à Broche, près de chez toi.
Des murs de peirres sèches autour des champs à Peyrebru près des Fieux

Tu as deux fils. Seulement deux, je suis un peu étonné. Peux-tu me le confirmer ? L’un se prénomme Gentil mais je crois que c’était Petit Jean en occitan mais, à la mairie, celui qui écrivait ne connaissait sans doute pas l’occitan et a écrit ce qu’il a cru entendre. L’autre s’appelle Amand, joli prénom que ton frère lui a sans doute donné : celui qui aime et qui est aimé. Parce que c’était bien lui, le parrain, n’est-ce pas ?

Toute ta vie, tu habites sur le causse mais tu y vis bien longtemps : 76 ans ! Il semble que ce soit une habitude dans ta famille... Ton frère Amans a vécu 86 ans, Jean 77 ans, François 82 ans ! J’espère faire aussi bien. Oui, je sais, tu as des frères morts beaucoup plus jeunes : Jean à 11 ans, Antoine à 19 ans, Étienne à 32 ans. Au passage, c’est une drôle d’habitude de donner les mêmes prénoms : vous avez des surnoms je suppose. Pourrais-tu me les donner s’il te plaît ? Tu as aussi une sœur, Françoise, un peu plus jeune que toi. Pourrais-tu me dire ce qu’elle est devenue ? Je ne sais presque rien sur elle.

Je t’ai déjà posé plein de questions. Pourtant, j’en ai encore plein d’autres ! Peut-être que certaines vont te paraître saugrenues et d’autres incompréhensibles. Mais, que veux-tu la vie évolue vite et les choses ont bien changées ici.

  • Est-ce que, aux Fieux, les hivers sont aussi froids à ton époque que maintenant, à mon époque ? Et les étés aussi chauds et secs ?
  • Souffres-tu beaucoup du manque d’eau en été ? Comment luttes-tu contre le froid en hiver quand il te faut sortir pour aller chercher le bois de la cheminée ou nourrir les bêtes ?
  • Combien as-tu de brebis caussenardes ? une cinquantaine peut-être ? Tu sais, c’est comme ça qu’on les appelle maintenant. Elles sont faciles à reconnaître : elles sont hautes sur pattes, ont le bout des oreilles noires et un cercle noir autour des yeux. Mon frère en a plus de trois cents. Maintenant, c’est son fils, mon neveu, qui s’en occupe.
  • Quelle surface peux-tu labourer dans une journée ? Possèdes-tu beaucoup de terres à labourer ? Si tu voyais tout ce que laboure mon frère... DEs machines et des techniciens ont même amené l’eau de la Dordogne pour irriguer le causse ! Il faut dire que les machines modernes que sont les tracteurs l’aident beaucoup mais il a dû agrandir les champs cultivés pour pouvoir manœuvrer facilement.
  • Que fais-tu tout au long de tes journées ? T’arrive-t-il d’avoir un peu de temps libre ? Que fais-tu alors ?
  • Es-tu au courant de qui se passe dans ta région ou en France ? Comment t’informes-tu ?
  • As-tu appris à lire et à écrire ? J’espère que oui sinon, tu ne pourras pas lire ma lettre et surtout y répondre !
  • ...

Voilà, je termine par une information un peu triste : ta ferme à Mansergues vient de fermer définitivement avec la mort de Jean-Claude Bouat, un de tes descendants. il avait le même âge que moi à un mois près. Et oui, la ferme aura toujours été exploitée par tes descendants. Tu ne pensais pas réussir aussi bien ce challenge, n’est-ce pas ?

Gros poutous de ton futur vers mon passé. Tu vois, je n’ai pas oublié la tradition des "trois poutous" du Quercy pour se dire bonjour et au revoir.

Adecias [1] !


Je t’ai mis quelques photos pour que tu puisses voir ce que sont devenus les lieux que tu fréquentais. Ah, j’oubliais, tu ne sais pas ce qu’est une photo [2] : c’est une image faite par une machine qui reproduit fidèlement sur un papier ce qui est devant elle.
Tu auras remarqué toi-même que nous parvenons maintenant à écrire très facilement comme dans les livres.


[1Adecias : Adieu en occitan

[2Officiellement, la photo a été inventée en 1839.

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