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L’E-learning, une autre manière de former

Mots clés : geek , enseignant formateur , E-learning

mardi 28 avril 2020 , par Roland


Dépasser la formation à distance pour aller vers une formation numérique socialement riche devrait être maintenant l’objectif principal de toute transformation numérique de la formation. La formation à distance « ordinaire » laisse l’apprenant plutôt seul face à des outils numériques, aussi sophistiqués soient-ils. L’interaction apprenant/formateur (élève/enseignant) est à retrouver pour une vraie efficacité de la formation mais la formation numérique doit être l’occasion de passer à un autre type d’interaction : celle entre les apprenants eux-mêmes.

Y a-t-il encore des formateurs qui pensent qu’il est possible d’apprendre seul devant une machine impersonnelle qui affiche sur son écran un monologue ? Si l’activité de l’apprenant se limite à prendre des notes et si le seul avantage de la formation à distance est la possibilité de mettre le cours en pause, il est certain que l’apport du numérique est sans grande importance.

La plupart des vidéos de formation en ligne sont davantage des tutoriels (les fameux « tutos ») probablement efficaces pour répondre à des demandes techniques mais qu’il est difficile de transposer pour l’acquisition de compétences. Rappelons qu’une compétence présente trois domaines tout aussi importants les uns que les autres : la connaissance, le savoir-faire et le savoir-être. Les sites d’hébergement de vidéos en ligne regorgent de ces « tutos » ou de formations qui se veulent pédagogiques et qui ne sont que didactiques (elles ne s’intéressent qu’aux contenus et pas beaucoup ni à la manière de transmettre ces contenus ni à ce qu’ils deviendront).

Mais le succès est là même si les recettes exposées dans ces tutoriels grands publics n’ont pas toujours l’efficacité qu’elles semblent proposer. Et, pour faire sérieux, les « tutos » sont fréquemment baptisés « formation à distance » et de plus en plus « E-learning », dénaturant ainsi la définition initiale et oubliant qu’il ne s’agissait pas de FAD (Formation À Distance) mais de FOAD   (Formation Ouverte À Distance), acronyme dans lequel la lettre O était primordiale mais a bien trop souvent disparu. Elle signifiait pourtant que la FOAD   se devait de s’ouvrir, de créer des interactions apprenant/formateur ou apprenants/apprenants. Il semble que le terme « E-learning » prenne le même chemin (Référence : Le e-learning est mort, vive le digital learning ! sur hunow.fr). Dans le monde de l’entreprise et des professionnels de la formation, le « E-learning » serait abandonné au profit de « l’apprentissage numérique » (« Digital Learning »).

Permettre à chacun d’acquérir les compétences qui lui manquent sans avoir à se préoccuper d’un agenda, de moyens de déplacements, d’hébergements… apparaît peut être comme trop « démocratique » et sans doute un peu utopique… Est-ce pour cela que les responsables de structures ont tendance à freiner sur cette mise en place ? Ne serait-ce pas surtout parce que le changement fait peur. L’inconnu effraie, repousse : « N’est-ce pas dangereux ? » (Pour qui ? pourquoi ?), « Est-ce vraiment efficace ? » (par rapport à quels objectifs ?), « Ne serais-je pas remis en cause ? » (Vaudrait-il mieux rester trop sage alors ?)

Il est indispensable de se débarrasser de deux images : celle de la formation en salle assis parmi un groupe de stagiaires avec le formateur (en présentiel) et celle de l’apprenant assis à son bureau face à un écran. Si la formation à distance ne met pas en place d’interaction, elle n’est plus active (c’est une évidence) mais elle n’est, non plus, ni attrayante ni efficace et met beaucoup trop de distanciation entre le formateur et l’apprenant. On apprend parce qu’on a besoin (nécessité) d’apprendre, parce qu’on a envie d’apprendre, parce qu’on ne se sent pas seul en train d’apprendre.

Et puis apprend-on tous de la même manière  ? Suit-on tous le même chemin dans les apprentissages ? Avons-nous les mêmes compétences ou ne serait-ce que les mêmes connaissances au démarrage d’une formation ? Allons encore plus loin, un simple QCM   ou quizz en fin de formation permet-il d’évaluer réellement les compétences acquises ? Se poser la question (ou accepter qu’elle soit posée), c’est déjà y répondre. Par la négative évidemment.

Apprendre n’est plus depuis longtemps devenir un « Pic de la Mirandole » des connaissances. C’est aussi être en capacité de faire et d’être au-delà de seulement connaître. Il est donc indispensable d’échanger, de se confronter aux autres, de mettre en pratique. Apprendre pour savoir, pour détenir de nouvelles connaissances n’amène, à la rigueur, qu’à pouvoir prétendre détenir un savoir, d’afficher une qualification sur sa carte de visite… Détenir un diplôme (une certification dit-on maintenant) n’attribue pas systématiquement une compétence. Une bonne formation est celle qui permet de progresser et qui, en même temps, donne envie d’aller encore plus loin.

Mais où va-t-on avec cette conception de la formation ? Comment la concevoir ? Quels éléments sont alors en prendre en compte pour mettre en place une réelle formation numérique ? Le concept le plus important qui devrait présider à toute formation numérique (aux autres aussi d’ailleurs) est probablement l’apprenant lui-même bien avant l’aspect didactique (le contenu). Se former ne devrait pas, ne doit pas, n’aurait jamais dû être une action personnelle. Se former n’est pas s’isoler mais intégrer un groupe, une équipe, une structure sociale. Se former c‘est apprendre avec les autres, c’est partager avec d’autres apprenants, c’est aller plus loin ensemble.

Réorienter la formation en intégrant davantage d’interactions sociales et en mettant en place des collaborations devient une nécessité. Revenir à une formation en présentiel (en présence du formateur) pourrait alors apparaître comme une solution mais ce serait négliger l’immense apport des outils numériques. Il faut donc aller vers une intégration de l’aspect social comme des aspects techniques pour une formation numérique réellement innovante et novatrice.

Chacun doit pouvoir s’intégrer dans une formation numérique quand il en sent le besoin, la nécessité, l’envie. Chaque formation numérique doit rester accessible sur un temps long tout en restant qualifiante. Ce ne doit plus être l’apprenant qui va en formation mais la formation qui va vers les apprenants potentiels.

Pour cela, il est nécessaire de prendre en compte une dimension sociale, une dimension culturelle, une dimension émancipatrice. A commencer par une meilleure connaissance pour l’apprenant des compétences détenues pour aborder la formation. Le candidat potentiel à une formation numérique doit aussi nécessairement s’interroger sur la manière dont il s’approprie un savoir, une connaissance, une pratique puisqu’il sera seul à décider des moments, du rythme de ses apprentissages. Il faut cesser de viser à tout prix une amélioration des résultats des actions futures, l’atteinte d’objectifs lointains. La personnalisation de la formation est donc incontournable dans le cadre d’une formation numérique : chacun apprend quand il veut/peut, ce qu’il veut, pour son ou ses propres objectifs qui ne sont pas nécessairement ceux de la structure d’appartenance ou de mise à disposition (celle qui offre une formation).

Concevoir la formation comme l’acquisition d’une compétence de transmission en même temps que l’acquisition de compétences plus orientées vers une meilleure efficacité ou de nouveaux objectifs est donc l’objectif premier d’une formation numérique. Il ne reste plus qu’à se mettre à l’œuvre en commençant pour cela par apprendre. La boucle est bouclée.

Messages

  • j’ai lu ton article sur la FOAD  , très intéressant ! félicitations pour cette approche !

    Même si, lors de la formation que je viens de suivre avec toi, on n’était pas encore au but recherché, on était très loin de ce que j’ai pu suivre au début du confinement, appelé pareil, fourni par le CROS ! je devais lire des articles, visionner des vidéo et un exercice final ! bof ! avec toi, il y avait de l’interaction (après la pause que j’ai faite après une semaine, au début, je ne posais pas assez de questions, je n’était pas entrée dans le modèle et j’ai vite décroché !) après j’ai avancé et compris beaucoup plus vite, cela confirme ton § sur la vitesse # d’acquisition des stagiaires. En salle on est obligé de s’adapter aux autres et soit on rame, soit on s’ennuie alors que là on fait comme on veut, quand on peut et je crois qu’en effet si on avait été plusieurs stagiaires, nos questions auraient pu se compléter. Un mélange de la formation en ligne avec seulement 1 formateur/ 1 stagiaire et de la formation en salle avec plusieurs stagiaires et l’avantage de supprimer l’unité de temps. Et puis, si on décroche et abandonne, cela ne gêne personne ! on n’est pas obligé de suivre un programme à la lettre, on peut explorer autre chose et revenir, c’est génial pour moi ! prête à suivre d’autres formations comme ça ! maintenant à mon formateur de pondre des cours ...


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